| L'hospitalisation est-elle un bien ou un mal? |
Si tu connais le Nadir alors dis toi que le Zénith n'est pas loin
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nina

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posté le 2008-12-14 à 15:01:32
J'ai été hospitalisée dans la nuit du 31 juillet 2008 ... En pleine crise borderline, avec un taux d'alcoolémie... elevé,le poignet ouvert. J'en ai déjà parlé mais je n'ai fais que survoler et dire ce que je voulais bien qu'on sache.
J'étais venue pour me faire recoudre, mais quand le psychiatre de garde a dit que j'allais rester, un seul son est sorti du plus profond de ma gorge : NON !!! j'ai essayé de m'enfuir. Il a fallut 2 vigiles et un infirmier pour maîtriser mes 42 kgs de l'époque. J'ai frappé et insulté un des vigiles (j'ai encore mal à la main aujourd'hui). On m'a fait une piqure et ensuite on m'a emmenée en cellule de contention. J'ai supplié qu'on ne m'attache pas. Ils ont accepté et m'on redonné une dose massive de Tercian. Des crampes dans les jambes m'empêchaient de dormir et je tournais dans la chambre en pleurant. J'ai fini par me recoucher. Dans une semi inconscience j'ai senti des mains se promener un peu partout sur moi. Au matin, j'ai été transférée en hôpital psychiatrique. Unité fermée, équivalent du QHS. Obligation de porter un pyjama vert pendant 2 jours, une cigarette par heure, pas le droit de les avoir avec soi. Pas de flacon en verre rien avec quoi je puisse essayer d'attenter à mes jours. Aucun bijou, pas de portable, pas droit aux visites a l'exception de ma fille. On mange quand on nous le dit, on fume quand on nous le dit, on dort quand on nous le dit.
Shootée à mort pendant 48h. A l'heure des repas, je suis obligée d'aller a table, mais je ne mange pas. On me dit qu'il ne sert à rien de faire la grève de la faim ! et je répond que je ne fais pas grève, juste que je suis anorexique et que je ne PEUX pas manger ce qu'on me donne. Et là, on me donne du Fortimel et je rencontre une nutritioniste.
Rien a faire dans la journée. Je reste assise sur le rebord de la fenêtre. De la chambre au couloir, du couloir à la salle fumeur, et retour dans l'autre sens.Une seule pensée : SORTIR DE LA.
Aucun médecin ne s'est soucié réellement de mon cas, ni des causes profondes qui m'avaient amenée là. Un infirmier à essayé. Il trouvait toujours quelque chose pour me faire manger un peu.On m'a laissée sortir au bout de 12 jours et je ne voulais pas. Je savais après ce temps que je n'y étais pas prête, je savais ce qui m'attendais dehors : basculer de nouveau. Personne n'a voulu m'entendre.
Je suis rentrée chez moi. Seule. Désemparée et brisée. J'ai mis longtemps à reprendre le dessus. Même après avoir repris le travail.
Cette hospitalisation m'a détruite plus sûrement que le reste.
Aujourd'hui avec du recul, je vois les choses différemment mais une seule idée subsiste : plus jamais. Quoi qu'il arrive.
Désolée de ce long commentaire. Je ne sais pas Pierre si ça répond à ta question mais j'espère au moins avoir donné un apperçu de l'univers hospitalier et de la considération qu'on y reçoit.
Néanmoins je dois leur reconnaire un point positif. On m'a OBLIGÉE a faire la demande de prise en charge à Sainte Anne. Et au moins ça je ne le regrette pas.
Dernière modification le 14-12-2008 à 15:02:26
Dernière modification le 14-12-2008 à 15:05:13
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nina
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Si tu connais le Nadir alors dis toi que le Zénith n'est pas loin
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Ficel
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posté le 2008-12-15 à 09:33:44
Je viens de lire ce témoignage, je suis très émue. J'ai eu l'énorme chance de ne jamais arrivée à l'hospitalisation. Ma mère portait tout, quel courage ! Je parlais d'hospitalisation avec une amie à la sortie de l'école. L'hospitalisation d'une gamine de 15 ans que je connais qui vrille, qui entre dans l'obsession alors qu'elle est suivie par un psy depuis 1an1/2. Son père est schizophrène, une mère perdue (cela se comprend) et la gamine à développé une anorexie fulgurante car elle a perdu un maximum de poids en 1 mois.... Je n'arrive pas à savoir si elles (mère et fille) ont bien acceptée la maladie sans jugement parce qu'elle est là où si elles sont toujours dans l'a peu près.... Dans cette situation, je pense que l'hospitalisation calculée, dans un endroit adapté pour les ados peut être une bonne chose car elle n'est pas urgence mais volonté.... Pierre, tu connais cela... Quel message puis-je faire passer ? (c'est un message, elles feront ce que bon leur semble !).
Merci à Nina et courage... à toi Pierre )
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nicolas
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posté le 2008-12-15 à 13:06:55
Très touchant ton témoignage, Nina...
Personnellement, mon médecin m'avait imposé un dernier ultimatum: reprendre 1 kilo sur x temps, sinon, c'était l'hospitalisation forcée. A l'époque - j'avais 14 ans -, je ne me voyais pas une seconde être "enfermé" dans une chambre pour y être nourri "de force", alors je me suis battu pour reprendre ce foutu kilo et réintégrer ma maison. J'étais déjà dans une sorte de "prison" avec la maladie et çà me révoltait de voir qu'ils n'avaient pas mieux trouver comme solution que de m'enfermer pour de bon!!! Si mon anorexie était survenue à l'âge adulte, je pense que les choses auraient été différentes. Je ne sais pas, peut-être... Depuis, j'ai eu l'occasion de faire plusieurs stages en milieu hospitalier et je peux vous assurer que si le ou la malade n'a pas la volonté de s'en sortir avant d'y entrer, le risque de basculer à nouveau est quasiment certain... Je l'ai constaté à plusieurs reprises et j'en avais mal au coeur...
Dernière modification le 15-12-2008 à 15:04:18
Dernière modification le 15-12-2008 à 15:06:04
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nicolas
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Si tu connais le Nadir alors dis toi que le Zénith n'est pas loin
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nicolas
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posté le 2008-12-16 à 08:49:52
Bonjour Ficel, bonjour Pedro!
Il ne faut surtout pas "juger" trop vite ou employer des mots (trop) durs... Enfin, chacun est différent. Dans mon cas, fort heureusement, çà ne m'a pas empêcher d'avancer (car j'avais la volonté), mais je pense que dans l'idéal, il faut essayer de se mettre "à la place" du malade. Que ressent-il? Qu'est-ce qui l'intéresse encore? Pourquoi ne veut-il plus (pas) s'alimenter? Etre présent à ses côtés est déjà bcp! En instaurant petit à petit un dialogue, le malade se sentira déjà un peu plus écouté et moins seul, à défaut d'être compris. Il faut lui faire prendre conscience de ce qu'il "est", un être humain blessé et en manque d'amour! Lui faire prendre conscience qu'il n'est pas seul à souffrir, même si la plupart des gens ne comprennent pas ou l'ignorent. La volonté de guérir, çà ne vient qu'après...
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nicolas
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Drinou

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posté le 2008-12-25 à 20:57:05
Bonsoir,
Des structures adaptées, il y en a trop peu. Et du personnel soignants formé, c'est pareil. Sur Nantes par exemple il y a un DIU sur les TCA, un autre sur les addictologies... Et des structures qui accueillent des personnes souffrants de ces troubles.
Mais voilà, il n'y a que 14 lits, c'est peu...
Ensuite, on se retrouve dans des services pas fait pour les TCA donc on n'a pas le suivi et la compréhension nécessaire.
J'ai espoir, car ça bouge, il y a des avancées importantes et je suis sure que dans peu d'années, des structures comme celle ci dessus seront plus nombreuses, et l'aide apportée sera réelle et efficace.
A bientôt.
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Drinou.
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