Vivre avec un(e) culturiste compétiteur(trice)

Ce que vous allez lire n'est pas de moi. Ce texte montre un autre regard sur ma passion.

"Loin de moi l'idée qu'un jour j'allais partager mon quotidien avec un culturiste. Dans mon esprit, c'était des gens " à part ", avec de drôles de comportements.

Je vis aujourd'hui avec un culturiste acharné dans sa passion, et cela fait partie de ma vie de tous les jours.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ses absences dues aux entraînements ne me gênent pas. Avoir des activités séparément dans un couple apparaît comme une nécessité pour l'équilibre de chacun (sport, culture, associations, amis...). Et même si mon compagnon s'entraîne 4 à 6 fois par semaine, à raison d'environ 2h par jour, j'organise mes journées, lorsque je le peux, en fonction de ses entraînements, de manière à réaliser mes activités de mon côté.

Les aspects les plus dérangeants sont à mon avis d'une autre nature :

Le risque de voir la personne s'engager dans la voie du dopage. Mais cela ne me concerne pas puisque mon compagnon a choisi la voie du culturisme naturel et je suis la première à témoigner de son assiduité sans aucune faille à cette orientation.

La très faible flexibilité du culturiste dans son rythme de vie. Tout doit être planifié autour du sport :

Alimentation : nature, quantité, fréquence
Rythme de vie : heures de coucher-lever, besoins de repos
Vie sociale : sorties restaurant ou chez des amis plutôt rares, vacances limitées pour ne pas léser l'entraînement.

De manière générale, spontanéité, plans de dernière minute et culturisme ne font pas bon ménage.

L'impact que peuvent avoir ces points précédents sur celui ou celle qui partage sa vie avec un(e) culturiste constitue à mon avis le point le plus important. Tout dépend du degré d'investissement du culturiste et également du cocktail de flexibilité-adaptabilité-sensibilité de son(sa) partenaire. J’ai personnellement des difficultés côté alimentation car je suis plutôt une bonne mangeuse et j’aime préparer des petits plats. L’idée consiste alors à focaliser mes petits plats vers ceux que mon compagnon s’autorise à manger et surtout à conserver " au mieux " mes habitudes alimentaires, sans hésiter de craquer sur les frites, une bonne raclette ou du chocolat de temps en temps, sans sa participation bien sûr. Toutefois, ne pas manger la même chose que sa moitié ne fait pas partie de mes principes, il s’agit donc pour moi d’un point sensible. De plus, imaginez la situation quotidienne où les questions suivantes reviennent sans cesse : " Mais pourquoi Papa ne mange pas comme nous ? " " Mais pourquoi mon beau-fils ne mange pas comme nous ? ". Pas facile de faire la jonction avec l’entourage.

A la lecture de ces lignes, certains diront qu’il s’agit de sacrifice, d’autres de soumission face à l’égoïsme de l’autre. Personnellement, j’ai pris conscience de tout ce que ce style de vie implique dans ma vie et je l’assume. Cela n’est pas facile tous les jours et aujourd’hui encore je vois les embûches que cela incombe à mon rythme de vie. J’estime également que lorsque le sportif s’engage dans la compétition, toutes les exigences précédemment citées sont à leur maximum et aucune digression n’est autorisée, telle est en tout cas la situation avec mon compagnon. Mais c’est un choix que j’ai fait d’accepter tout cela, choix motivé par des raisons strictement personnelles, et cela en fait ma vie.

Enfin, je tiens à profiter de l’occasion pour signaler à quel point les préjugés sur les culturistes sont extrêment profonds, moi-même les ayant eus par le passé ; si cette activité regroupe un certain pourcentage de personnes qui font de la " gonflette "et de la frime, il en existe d’autres qui méritent le respect de tous, à la vue de la qualité et de la rigueur de leur investissement, tel tout sportif de haut niveau. Cela peut devenir un travail de titan qui voit son apogée dans le cas de mon compagnon, parti de l’état " le plus bas " physiquement et étant ce qu’il est aujourd’hui sur cette photo de page d’accueil de son blog. Cela a nécessité des années de travail physique et intellectuel, une bonne dose de passion, et une volonté incroyable. Incroyable, j’insiste, car tout le monde ne croit pas à cette comparaison avant-après ; il me vient à l’esprit cette anecdote où, sur un forum féminin, certaines personnes n’ont pas cru les propos de mon compagnon et outre leur incrédulité, les insultes et agressions ont fusé. N’est-ce pas une bonne illustration de nos préjugés ? Et si aujourd’hui je me suis débarrassée de l’idée " culturiste = gonflette ", c’est évidemment lié à mon vécu avec un culturiste perfectionniste et raisonné dans sa démarche. Mais qu’en serait-il si je n’avais pas eu ce vécu ?"  



Article ajouté le 2008-03-16 , consulté 88 fois

Commentaires


Drinou le 20/03/2008 à 21:42:44
Bonsoir !
Je suis très contente de te lire. Tes propos sont impactants. C'est vrai que le fait de vivre avec un sportif de haut niveau implique des changements de vie. Mais il en est de même avec un compagnon qui travaille de nuit ou qui est très malade ou handicapé(par exemple). C'est pour cela que je ne pense en aucun cas que faire avec les obligations de son conjoint soit preuve de soumission. Au contraire ! C'est très important de montrer qu'on le soutien, que l'on souhaite qu'il réussisse et qu'on l'aime. Ton témoignage met en avant les préjugés. C'est vrai que cela fait partie de la pensée humaine. C'est une économie du cerveau en somme :)
Le culturisme a encore aujourd'hui cette image d'homme ou femme très musclé et gonflé. Souvent due aux hormones et dopage. C'est pourquoi Pedro, par son site, montre qu'il existe une autre voie, digne, fière et enrichissante ! Et en plus, cette voie l'a aidé à remonter la pente. C'est donc un sport qui a mille facettes, qu'il faut connaitre avant de se permettre de juger !
Merci à vous deux en tout cas pour nous ouvrir les yeux.

Drinou le 12/04/2008 à 11:44:09
Je pense à vous en cette période de compétition !
A bientôt.

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