L'entourage souffre lui aussi...

Cette mise à jour est ouverte aux commentaires et aux réactions dans le forum. Si vous êtes entrain de vivre ou avait vécu aux cotés d’un malade surtout n’hésitez pas à venir nous faire partager votre expérience. Trop de personnes sont perdus et ont besoin d’être aidées.

Nous sommes d’accord, le malade est le seul à pouvoir trouver sa clef. Quelle clef ? Celle du verrou et qui permet de faire sauter le blocage. Seul face à lui-même qui est un autre. Seul à pouvoir se considérer malade afin d’envisager une éventuelle thérapie pour guérir. Certaines personnes vivent la maladie seul d’une part et dans la solitude d’autre part et je les félicite car le combat à mener n’en est que plus dur.

Aujourd’hui c’est l’entourage qui sera mis en avant.

Pour ceux et celles qui sont entourés par la famille, les amis le vécu de la maladie est différent.

L’entourage…lui aussi souffre de ne pas savoir quoi faire, quoi dire, comment le faire, comment le dire, à qui s’adresser…Impuissant face à un mal immatériel, impuissant face à un mal qu’aucun pansement ou médicament ne peut guérir. Il est là, présent et ne peut constater que son impuissance dans la mesure où il ne suffit pas de dire ou de faire pour que tout redevienne " normal " Souvent je pense à cette situation en disant que ceux qui nous entourent nous voient nous suicider à petit feu, lentement mais sûrement (voir http://winnerpedro.blog4ever.com/blog/lirarticle-164351-570832.html )

L’entourage souffre autant que le malade. S’inquiète de savoir si nous allons rentrer le soir après une journée de boulot, s’inquiète d’un coup de fil qui annoncerait le pire, s’inquiète de savoir si le matin nous serons encore vivant au réveil…Parfois je me dis que l’anorexie est contagieuse. Pas la maladie en elle même mais tout ce qu’elle créée autour d’elle, j’appellerai ça les " dommages collatéraux. "

Bien souvent l’entourage se pose la question : mais qu’ai-je fait ? N’ai-je pas donné assez d’amour ? Ai-je eu un comportement qui a influencé le développement d’une anorexie ? Parfois la réponse se trouve rapidement d’autre fois ce même entourage n’y est pour rien.

Existe-t-il une conduite à tenir pour l’entourage ? Assurément non, il n’existe pas de modèle type à suivre. La sensibilité, les ressentis, la situation…de chacun feront que l’entourage vivra de façon différente la maladie. Certes il y a des points communs, des points récurrents, mais le vécu lui reste propre.

Comme le malade l’entourage ne doit pas rester seul. D’autres personnes vivent des situations similaires et parfois parler, partager avec elles peut aider. Il existe des groupes de paroles et cela permet d’avoir une écoute qui n’est pas forcément évidente auprès d’autres personnes qui ne connaissent pas la maladie.

L’entourage ne doit pas perdre espoir, ni baisser les bras et doit se préparer à une longue épreuve en gardant confiance.

Malgré ce qui vient d’être écrit je ne peux m’empêcher de penser aux pires situations où la mort est là et où l’entourage est anéanti, je ne peux que marquer un silence.



Article ajouté le 2009-01-09 , consulté 151 fois

Commentaires


muscleshape site : www.newlifehasbegun.skyblog.com | le 09/01/2009 à 20:35:34
bouleversante histoire ke la tienne mais tellement enrichissante ! quel respect j'eprouve pour toi! sincerement felicitation !
Drinou le 11/01/2009 à 13:52:49
Bonjour à tous,
L'entourage est là pour apporter son amour, son soutien. Il faut juste qu'il trouve les bons mots, il ne faut pas focaliser sur les repas non pris, le fait que la personne anorexique ne souhaite pas être en famille pendant les événements festifs...
Ne pas juger, ne pas s'auto juger non plus.
Etre là, aimer, motiver, comprendre autant que faire se peut.
Accompagner aussi, car le chemin est si long, parsemé d'embuches et de retours en arrière...
Accepter que ces retours en arrières fassent partie du chemin.
Accepter de ne laisser manger que le minimum, car avoir un comportement qui force, c'est déjà refuser de comprendre que l'anorexique ne PEUT PAS manger plus que ce qu'il fait. En accompagnant ainsi, au plus proche, l'entourage aide le souffrant à avoir les déclics, car il n'est plus incompris, il n'a plus à lutter contre les autres. Donc dès lors, il peut se concentrer à lutter contre l'anorexie. Dès que cela est intégrer, toute l'aide est importante à prendre : entourage, amis, soignants que ce soit médical mais aussi para médical. Penser aussi aux activités qui mettent le corps en jeu : création (poterie, peinture...), relaxation, yoga....

Il ne faut pas juger l'entourage, car il souffre lui aussi, et en plus il culpabilise beaucoup....

Bon courage à tous.

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